Rétrospective de mai 2019 - L'intelligence émotionnelle

Par | Le 31/05/2019 | Commentaires (0) | Blog sur l'art-thérapie, psychologie, psychanalyse et neurosciences

L'intelligence émotionnelle - Dossier de mai 2019

L'intelligence émotionnelle - Dans une société de productivité et de consommation comme la nôtre, que fait-on de nos émotions ? 

“Toute forme d'art est une tentative pour rationaliser un conflit d'émotions dans l'esprit de l'artiste.” Robert Graves

Les mots manquent aux émotions – Victor Hugo

L'art-thérapie favorise une plus grande capacité à gérer nos émotions, le suivi en art-thérapie s’avère donc bénéfique au niveau du quotient émotionnel.

L'intelligence a de multiples facettes, Gardner (1983) en dénombre sept types différents :

  • Intelligence verbale,
  • Intelligence logicomathématique,
  • Intelligence spatiale,
  • Intelligence musicale,
  • Intelligence kinesthésique,
  • Intelligence interpersonnelle
  • Intelligence intrapersonnelle.

L'intelligence interpersonnelle est la capacité à comprendre l’autre et à coopérer avec lui. L'intelligence intrapersonnelle est à la capacité de se créer une image de soi précise et fidèle et à l'utiliser efficacement dans la vie.

L'intelligence émotionnelle englobe les intelligences inter- et intrapersonnelles de Gardner.

Mai

Garde tes émotions pour les choses qui les méritent - Titu Maiorescu

 

Questions :

Dans une société de productivité et de consommation comme la nôtre, que fait-on de nos émotions ?

Avons-nous un espace/temps pour les exprimer? Dans quel lieu, à quel moment ? Avons-nous la capacité de percevoir que quelqu'un ne va pas bien ou que nous n’allons pas bien ? Si nous supposons que l'idéal est l'harmonie entre le rationnel et les émotions, entre la tête et le cœur, il est intéressant de voir comment mieux exprimer et mieux gérer nos émotions. L'art-thérapie peut s'avérer être un très bon moyen de libérer les émotions retenues et d'apprendre à mieux les gérer en présence du thérapeute.

 

Sans émotions, il est impossible de transformer les ténèbres en lumière et l'apathie en mouvement. - Carl Gustav Jung

L'Intelligence émotionnelle

 

Les bases concept d'intelligence émotionnelle ont été élaborées par Gardner en 1983, Salovey et Mayer en 1990). Plusieurs noms lui ont été donnés: intelligence émotionnelle, quotient émotif ou quotient émotionnel.

Salovey et Mayer définissent l'intelligence émotionnelle comme : « une série d'habiletés servant à l'appréciation et à l'expression juste de ses propres émotions et de celles des autres ; ces habiletés permettent de s'ajuster efficacement à ses propres émotions et à celles des autres ; de plus, cette sensibilité peut être utilisée pour se motiver, planifier et accomplir sa vie »

Plus simplement, ces habiletés permettent l'expression et la régulation des émotions, l'intelligence émotionnelle représente donc une capacité et un potentiel.

Selon Bar-On et Parker, l'intelligence émotionnelle est plus encore : c’est un facteur déterminant dans la capacité de réussir sa vie. L’intelligence émotionnelle se rapproche de plusieurs concepts psychologiques déjà existants: les habiletés de socialisation, l'équilibre affectif et la résilience.

Le style n'a aucune importance : ce sont les émotions que vous exprimez qui comptent.- Björk

L’estime de soi

 

Dans le cas où notre image de soi est positive, nous utilisons notre potentiel de capacités en vue d'être heureux. Notre compréhension des émotions, des autres est alors plutôt bonne et nous sommes capables de créer et de maintenir des relations interpersonnelles mutuellement satisfaisantes et responsables, sans pour autant devenir dépendant des autres.

Une personne qui a une intelligence émotionnelle élevée sera plus optimiste, flexible, réaliste et capable de s'adapter aux stress de la vie quotidienne, sans perdre le contrôle de ses émotions qu’une personne qui se perd dans ses émotions.

Cette intelligence n’est pas statique ni innée, elle change durant toute la vie et peut être développée.

 

Exprimer ses émotions, c'est comme d'enlever les nuages noirs devant le soleil pour laisser pousser les fleurs. - Tanya Sénécal

Le modèle de Bar-On

 

Le modèle comprend cinq dimensions majeures, chacune étant composée de sous-éléments représentant des habiletés et des capacités.

Dimensions

Capacités

Définitions

Intrapersonnelle

 

  • Conscience de soi émotionnelle
  • Confiance en sa capacité de s’exprimer
  • Belle image de soi
  • Capable de se recentrer
  • Indépendance
  • Autonomie

C’est la capacité de se créer une image de soi précise et fidèle et à l'utiliser efficacement dans la vie. Elle représente la capacité à reconnaître et à comprendre ses émotions en vue de les exprimer

 

Interpersonnelle

  • Être capable d’empathie
  • Avoir une responsabilité sociale
  • Avoir de bonnes relations avec l’autre

C’est la capacité à comprendre l’autre et à coopérer avec lui. Elle nous permet d’entretenir des relations mutuellement satisfaisantes et est caractérisé par le partage des émotions.

Capacité d’adaptation

  • La réalité ne fait pas peur
  • Flexibilité
  • Capacité à résoudre les problèmes

On sait ajuster ses émotions, ses pensées et ses comportements dans le but d’accepter ou de modifier une situation.

La gestion du stress

  • Bonne tolérance au stress
  • Contrôle de ses impulsions.

Nous résistons aux situations de stress en s’y adaptant de façon rapide, efficace et positive.

L’humeur générale

  • Optimiste
  • Aspire au bonheur (très subjectif)

La pensée positive. On voit le bon côté des choses, on se sent satisfait et prenons plaisir à ce que nous apporte la vie.

 

 

N'oublions pas que les petites émotions sont les grands capitaines de nos vies et qu'à celles-là nous y obéissons sans le savoir. -  Vincent Van Gogh

 

L'intelligence émotionnelle est une variable d'un grand intérêt en ce qui concerne l'amélioration de l'équilibre émotif. Dans la thérapie par l’art, la personne vit et exprime des émotions, des conflits ou évoque des souvenirs. Lors d’une séance d’art-thérapie, la personne peut explorer verbalement son symbolisme et la signification de sa production.

En utilisant un médium graphique par exemple, la personne peut fabriquer un monde de façon à le maîtriser; grâce à cette maîtrise, elle pourra trouver une place plus confortable dans le monde réel. Dans ce lieu privilégié l'individu pourra user de créativité, laisser tomber ses défenses sociales et exprimer ses émotions.

Une des fonctions de l'art-thérapie est de provoquer un effet de catharsis, d'améliorer l'estime de soi et de travailler à diminuer l'anxiété en exprimant d’une façon artistique des émotions que l’on aurait du mal à discerner ou à exprimer de façon verbale.

 

Les pensées mènent aux émotions, les émotions mènent aux actions et les actions mènent aux résultats. - T. Harv Eker

Les émotions : le langage du cerveau !

 

Notre cerveau nous parle mais on ne comprend rien à ce qu’il nous dit. A savoir également que nous avons des neurones dans le cœur et dans le ventre.

Il existe 4 émotions principales : la colère, la tristesse, la peur et la joie.

Quand ces émotions se manifestent cela signifie que notre cerveau nous pousse à faire quelque chose, à être actif. Une émotion c’est notre cerveau qui nous dit « bouge ! ».

 

La paix intérieure commence dès l'instant où vous choisissez de ne pas laisser les autres ou les événements contrôler vos émotions. - Bouddha

La colère

 

La colère ne dit pas en criant « Celui là je vais lui faire manger son livret de naissance ! » mais « Il n’a pas respecté mes valeurs, j’ai besoin que l’on respecte mes valeurs ».

Lorsque l’on est en colère on produit de l’adrénaline et du cortisol. Le cortisol prend les commandes, il permet d’attaquer et de réagir au danger. Il mobilise toute l’énergie, transforme immédiatement le gras en sucre pour l’expédier dans certains endroits précis. Par exemple, les muscles, pour être plus fort et se défendre ou coller une gifle décoiffante.

Pour plus d’efficacité, certains organes cessent de fonctionner, par exemple ceux de la digestion. Le corps doit ensuite renouveler ses réserves d’énergie pour palier aux fringales, troubles de la mémoire, fatigues, difficultés de l’apprentissage chez l’enfant…

 

Le stress n'est que la soumission avouée à des contraintes non choisies. - Grégoire Lacroix

Le stress

 

Le stress est le petit frère de la colère, les battements du cœur s’accélèrent, les joues deviennent rouges, on a des papillons dans l’estomac.

L’organisme est constamment sollicité, le mécanisme de protection risque de s’épuiser et le cortisol peut venir à manquer. Résultat : anxiété jusqu’à l’épuisement.

Pour stopper le processus il convient de respirer par le nez, vous pouvez également faire des exercices de méditation ou du yoga.

Un trop plein de cortisol génère obésité, hypertension, insomnies ou maladies cardiaques. Pour une minute de colère il faut une heure au système immunitaire pour évacuer le trop plein de cortisol. Et le cortisol, quand il y en a trop : ça ronge les neurones.

L’adrénaline quant à elle rejoint les récepteurs des artères, cœur, foie, tissu adipeux et pancréas. Par la suite, adrénaline augmentera la respiration et les battements de cœur. En se connectant aux récepteurs de la foie, le pancréas, tissu adipeux et les muscles, il empêche la formation de l'insuline. Il favorise la synthèse des graisses et le sucre, par laquelle le corps utilise pour allumer les circonstances de lutte ou de fuite. Le cerveau peut également être affecté de façon malsaine. Des niveaux élevés de stress en cours conduira la mémoire centrale du cerveau à se rétrécir. Hormones de stress favorisent la formation de la signalisation des molécules responsables de l'enflure de l'hippocampe.

Stress peut affecter le stockage de la mémoire en stimulant la partie principale du cerveau qui a de l'influence en stockant des sentiments négatifs. Et on peut arriver à des stress récurrent, panique, anxiété…  L'état de stress arrête aussi le développement de nouveaux neurones.

Il ne faut pas refouler sa colère mais la traiter de façon différente. Rappelez-vous, votre cerveau vous dit quelque chose : oubliez la cause et gérez la solution.

 

La confirmation de la tristesse est une consolation. - Marguerite Duras

La tristesse

 

Une mauvaise nouvelle, un échec, une perte… sont des éléments déclencheurs de la tristesse et la tristesse est nécessaire !

Elle est une étape du processus d’acceptation.

Accepter ne signifie par « être d’accord avec », tout comme cela ne signifie pas non plus se résigner. Dans la résignation il manque la notion de vouloir, c’est une charge lourde que nous ne pouvons plus porter, nous sommes alors écrasés par la tristesse.

La tristesse ne dit pas de se lamenter tout le temps en poussant des jérémiades. La tristesse, c’est votre cerveau qui a compris avant vous que c’était fini. Votre cerveau vous dit « commencer autre chose ». Là encore, il vous dit de réagir.

 

Il n'y a qu'une chose qui puisse rendre un rêve impossible, c'est la peur d'échouer.  - Paulo Coelho

La peur

 

La peur ne dit pas en criant « ahhhhhhhhh ! ». C’est votre cerveau qui vous dit « Voilà ce qui pourrait arriver si vous ne réagissez pas ».

Il n’y a que 8% de nos peurs qui soient foncées sur une menace concrète, tout le reste est dans la tête.

Donc, à chaque fois que vous vous tracassez, obligez-vous à prendre du recul et à vous demander si cela sert à quelque chose. Si oui, alors passez à l’action (le chien va vous mordre, courrez !). Si non, considérez votre inquiétude comme inutile (la route est longue, il risque d’avoir un accident) et passez à des préoccupations plus fructueuses. C’est la définition de « éviter de se tracasser pour rien ».

 

Voilà, c'était ça le bon chemin : il fallait, comme on étudie la grammaire, la musique, étudier les émotions que les autres provoquent en nous. - Goliarda Sapienza , l'art de la joie

La joie

 

La colère, la tristesse et la peur sont trois signaux qui disent tous la même chose : « faire une action pour revenir à son émotion de base : la joie »

C’est la seule émotion que le cerveau essaie de produire en permanence.

Le sourire est à l’origine de la joie et non l’inverse.

Lorsque l’on sourit, même si on se force, on produit de la sérotonine et de la dopamine qui provoquent un sentiment de bonheur.

 

Une joie partagée est une double joie, un chagrin partagé est un demi-chagrin. - Jacques Deval

 

La sérotonine est notamment impliquée dans la gestion des humeurs et est associée à l'état de bonheur lorsqu'elle est à un taux équilibré, réduisant la prise de risque et en poussant ainsi l'individu à maintenir une situation qui lui est favorable. La biosynthèse de la sérotonine est réalisée dans les neurones (souvenez-vous, que l’on tue lors des colères…)

La dopamine, quant à elle, est un neurotransmetteur (composés chimiques libérés par les neurones… tient, encore des neurones…) , une molécule biochimique qui permet la communication au sein du système nerveux, et l'une de celles qui influent directement sur le comportement. La dopamine renforce les actions habituellement bénéfiques telles que manger un aliment sain en provoquant la sensation de plaisir ce qui active ainsi le système de récompense/renforcement.

L’émotion c’est un signal qui ne dure que quelques secondes et le sentiment c’est le temps que vous accordez à ce signal. Donc, le bonheur, c’est le temps que vous accordez à votre joie.

 

Les sentiments sont des métaux. Il importe d'en connaître la densité. Il importe également d'en connaître la température de fusion. - Francis Dannemark 

Emotions et sentiments

 

Une émotion est liée à un événement précis et ne dure pas.

Mais si vous abordez systématiquement chaque événement comme une épreuve, avec anxiété ou persuadé que vous allez échouer, il ne s’agit plus d’une émotion mais d’un sentiment.

Le sentiment d’abandon par exemple, s’inscrit dans la durée en mêlant tristesse et peur accompagné souvent par un manque d’estime de soi.

Les sentiments durent et perdurent parfois dans une intensité moins forte que les émotions, ce sont des états affectifs complexes et durables.

 

Si vous voulez être libre de vos émotions il faut avoir la connaissance réelle, immédiate de vos émotions. - Arnaud Desjardins

Analysez vos sentiments !

 

La peur, la tristesse et la colère sont des émotions négatives. La joie est une émotion positive. A nos émotions de base sont parfois ajoutée la honte et le dégoût. Ce sont plutôt des émotions secondaire (ou mixtes).

Cependant, il faut écouter ses émotions, mais comment les comprendre ?

  • La jalousie par exemple est déclenchée par la peur : la peur de perdre la personne que l’on aime ou de ne pas être à la hauteur pour la garder.
  • La honte est une combinaison entre peur et colère. On souffre de moquerie, on a peur d’y être de nouveau confronté et on étouffe sa colère.
  • Le mépris est une combinaison entre peur et colère également, par crainte de montrer ce que l’on ressent réellement on ignore le problème.
  • Le trac est une peur, la déprime est une tristesse, la timidité est une peur, la pression est une peur…
  • Un manque d’estime de soi est une peur, une tristesse et une colère, de même qu’un manque de confiance en soi.
  • Le sentiment amoureux est un mélange de tout cela : la joie, la peur de vivre sans l’autre, la tristesse des séparations et la colère en cas de rupture, de désaccord ou de culpabilité.

 

Lorsque donc quelqu'un te met en colère, sache que c'est ton jugement qui te met en colère. - Epictète

Reparlons de l’acceptation

 

Accepter ne signifie par « être d’accord avec », tout comme cela ne signifie pas non plus se résigner. Dans la résignation il manque la notion de vouloir, c’est une charge lourde que nous ne pouvons plus porter, nous sommes alors écrasés par la tristesse.

Le refoulement fait partie de nos mécanismes de défense et parfois il prend les commandes sans que nous n’y puissions rien. Alors, nous refusons l’émotion qui s’élève en nous et paf, ça explose !

C’est pour cela que nous devons prendre conscience de nos émotions et que nous devons savoir les identifier afin de les accepter et de les traiter comme il se doit pour s’en libérer et retourner à la joie.

 

Si tu as une journée difficile, fixe les petites lumières... Le café que tu vas prendre avec une amie, l'émission qui t'intéresse, le livre qui t'attend. La vie est faite de ces petites joies-là. - Janine Boissard

Les petites joies du quotidien

 

Réappropriez vous les sensations de bonheurs. Une sensation est quelque chose dont votre corps se souvient, comme le goût de la fraise.

Le bonheur est constitué d’un amas de miettes de joie ? Concentrez-vous sur chaque miette de joie en faisant jouer vos 5 sens afin que votre corps se souvienne de cette émotion.

Pour cela vous devez vous concentrer sur ce qui est positif, dites « je veux » au lieu de « je ne veux plus ». Même si vous vivez un moment difficile, vous verrez qu’il y aura eu dans votre journée un petit moment de joie, ne serait-ce que de voir un coin de ciel bleu, entendre les gazouillis des oiseaux, un bon bain, un bon petit-déjeuner. Chaque chose simple est importante. Ramassez toutes ces miettes de joie, écrivez-les chaque jour sur un carnet, et ce carnet finira par constituer un bonheur.

 

Le blé est à la terre, les sentiments sont à l'esprit, la moisson n'est belle que si l'amour est au bout des doigts... - Alain Tastet

Les émotions et la génétique

 

Les émotions sont aussi histoire de génétique : nous ne sommes pas tous égaux devant l’intelligence émotionnelle. Si vous êtes très sensible, vous vivrez plus fort vos émotions. Cependant, une émotion, ça s’éduque également.

Selon une étude de Moïra Mikolajczak, notre équilibre émotionnel vient de la génétique mais également de notre environnement, de nos expériences, de notre éducation, de nos influences familiales…

Il faut donc considérer que les émotions sont aussi le résultat d’un apprentissage, elles sont déclenchées par notre façon de percevoir les choses et nos croyances, croyances que nous développons très tôt.

 

“A trop vouloir analyser, on tue l'émotion.”  Jean Loup Sieff 

Comment retrouver un équilibre émotionnel ?

 

Différente thérapies et techniques peuvent vous permettre d’apprendre à gérer vos émotions en transformant votre perception et votre appréhension du monde. Vous pourrez ainsi les modifier, les réguler et pourquoi pas les transformer pour revenir dans une perception positive de ce qui vous entoure.

La bonne thérapie est celle qui vous correspondra le mieux car chacun est unique et chacun réagit de façon différente aux techniques de soin.

Vous avez les thérapies cognito-comportementales (TCC). Une TCC s’appuie sur différentes techniques qui aident le patient à identifier les mécanismes à l’origine de ses difficultés, à expérimenter de nouveaux comportements et à sortir ainsi progressivement de cercles vicieux qui perpétuent et aggravent la souffrance psychique.  Il s’agit de thérapies brèves allant généralement de quelques semaines à quelques mois.  Après avoir identifié l’origine de la souffrance de la personne, le thérapeute et le patient déterminent ensemble des objectifs concrets et réalistes ainsi que les techniques qui permettront de les atteindre. Elle se compose d’une analyse fonctionnelle puis d’exercices spécifiques pour chaque trouble qui sont structurés et évalués cliniquement.

La Gestalt-thérapie, inventée par Fritz Perls, est une des psychothérapies du courant humaniste les plus répandues. Elle aide à avoir une vision globale de soi-même pour mieux comprendre comment on fonctionne. Le principe : Le tout est supérieur à l’ensemble des parties… Cette petite phrase aujourd’hui célèbre est le générique de toutes les thérapies dites "holistiques" (du grec holos, le « tout »), dont la Gestalt fait partie. Son principe : si vous négligez un seul élément de votre vie, de votre comportement, de votre passé, de votre psychisme ou de votre corps, vous ne pouvez aboutir au mieux-être et à la guérison.

Pour y parvenir, il faut donc découvrir sa propre unité, sa propre structure interne et avoir une vision d’ensemble de soi-même.

La sophrologie, plus connue, est une approche de développement personnel, qui s'intéresse à l'étude de la conscience individuelle dans une démarche phénoménologique et qui vise à tenir compte de l'histoire de chacun. Cette méthode est parfois comparée à l'hypnose ou qualifiée de psychothérapie, de méthode de relaxation, voire de médecine alternative. Selon le mensuel Psychologies Magazine : « Inspirée de l’hypnose et de disciplines orientales telles que le yoga ou le zen, la sophrologie est une méthode de relaxation […] dynamique qui a pour objectif de transformer nos angoisses ou phobies en pensées positives.

Mais l’une des thérapies les plus adaptées est incontestablement l’art-thérapie car elle offre la possibilité de traduire ses émotions « ici et maintenant », de les mettre en forme, de les identifier et de les comprendre. L’art-thérapie permet de rendre conscient ce qui ne l’est pas et d’aller à la rencontre de nouvelles émotions de façon ludique.

 

“Le romantisme est ce qui touche à la sensibilité, il invite à l'émotion.”  Atsuro Tayama 

L’histoire

 

Depuis la préhistoire, l’homme peignait, sculptait, gravait essentiellement pour donner forme à leurs angoisses mais c’est en Grèce antique que l’art fut particulièrement mis en avant pour ses bienfaits cathartiques. Aristote compris l’importance de l’art pour soulager les angoisses et atténuer les pulsions violentes.

Au XVIe siècle, à l’apparition du classicisme, l’art va prendre une dimension émotionnelle, une œuvre se voudra narrative et devra retranscrire les émotions des protagonistes. On cherchera à exprimer l’expression des passions avec le génial homme d'esprit universel que fut Léonard de Vinci, qui nous apprendra que les personnages que l’on peint doivent mettre en évidence leurs émotions tels que l’admiration, le chagrin, la joie…

Au XVIIIe siècle, c’est le romantisme qui change profondément les arts. Il ne s’agit plus de faire exprimer les émotions par le sujet peint mais de retranscrire sa propre émotion dans sa peinture ou toute création artistique. Une autre esthétique des émotions qui bouleversera tous les codes artistiques.

 

“L’émotion indisciplinée enrichit la conscience.” Clément Pansaers

Art-thérapie et émotions

 

L’art-thérapie s’appuie sur le processus de création artistique, qui est par essence, un processus émotionnel. On y utilise l’art comme médiation dans un processus d’expression. Peu importe les connaissances et le savoir-faire en art, seules compte la spontanéité et l’expression des pulsions par une production artistique. Ces pulsions seront considérées comme l’expression des émotions, des sentiments et des affects sur l’instant présent.

L’acte de création est conscient mais le processus est inconscient et c’est cela qui va dévoiler vos émotions.

 

“Les horloges tuent le temps. Le temps est mort tant qu'il est mû par de petits rouages. Quand l'horloge s'arrête, alors seulement le temps revient à la vie.” William Faulkner

Art-thérapie et espace temps

 

En art-thérapie on exprime ses émotions dans l’ici et le maintenant. Le temps se retrouve en suspend, durant la création, le temps est suspendu, la réalité du temps est celle de l’instant présent, le participant se sent pleinement existé durant le processus de création.

Aussi, une prise de contact avec ses émotions ne peut se faire que sur l’instant présent. On approchera donc ce temps présent au Kairos. Dans son sens biblique le Kairos est le moment choisi par Dieu pour l'accomplissement de son dessein, le moment particulier de l'action divine. C’est un instant fugitif mais essentiel qui ne se mesure pas dans la durée contrairement au Chronos, mais en intensité. C’est donc un temps de pleine conscience propice à l’acte de création pendant lequel se joue quelque chose d’unique.

 

“Créer, c’est toujours parler de l’enfance.” Jean Genet

L’enfance

 

Dans un atelier d’art-thérapie, les personnes se sentent revenir en enfance en redécouvrant des pots de crayons de couleur, de la peinture, des feuilles à dessin, des odeurs, des textures…

Sachant que la plupart de nos valeurs, croyance et maux nous viennent de notre petite enfance, cet univers nous permets d’exprimer des émotions qui vont surgir du passé et ce phénomène de régression joue un rôle fondamental car il permet de lever les défenses que nous nous sommes construites durant toutes ces années pour facilité la venue de ces émotions et sentiments refoulés. Par cette action nous explorons notre Moi et allons à la rencontre de nos émotions.

 

“La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie.” Milan Kundera

Mémoire corporelle

 

Le corps nous communique nos émotions mais il en est aussi la mémoire. Le corps enregistre toutes les émotions et tous les sentiments c’est pour cela qu’il faut les exprimer. Si les émotions restent dans l’inconscient,, si elle ne sont pas communiquées au conscient elle demeurent en nous où le corps les conserve et les emmagasine.

Une émotion est une énergie et il n’est pas bon de conserver des énergies négatives car elle va très vite provoquer, selon l’intensité de l’émotion une douleur ou un mal-être.

 

“S'efforcer de trouver une interprétation claire, c'est retarder l'accomplissement du but.” De Mumon 

 

Dans toute situation vous retrouvez trois éléments :

  • la situation réelle et l’attention que vous lui accordez
  • l’interprétation que vous en faite
  • la mémoire que vous en garderez.

Analyse de la situation réelle :

Que c’est-il passé ? Qui en était les acteurs, qu’ont-ils faits ? Votre réaction ? Soyez clairs et concis

Votre interprétation :

Et là, vous faite appel à votre mémoire, votre vécu. Qu’avez-vous pensé de cet événement. Ce sont vos pensées qui créent vos émotions et rejaillissent sur votre corps et votre pensée.

La mémoire :

Cet événement sera-t-il marqué dans votre mémoire ? En restera t-il un événement positif ou négatif ?

A vous maintenant d’interpréter l’événement pour comprendre son influence. Si vous avez des sentiments de peur, colère ou frustration et que vous décidez de ne plus sortir de chez vous, de ne plus prendre de risque ou de vivre dans la crainte c’est que votre interprétation est peut-être un peu trop négative. Sachez donc prendre un peu de recul et demandez-vous si vous êtes une personne qui voit tout en noir et combattez cette état d’esprit.

Les émotions négatives, rappelez-vous, ne sont la que pour une chose : vous mettre en action pour retourner à la joie.

 

“La résilience, c'est l'art de naviguer dans les torrents.” Boris Cyrulnik 

La résilience ou l’art de retomber sur ses pattes

 

Vous construisez votre résilience à travers chaque événement, et pour cela vous pouvez agir dans trois directions :

  • La résilience cognitive en vous assurant que vous avez une pensée positive et constructive
  • La résilience émotionnelle en vous assurant que vous réagissez à vos émotions de manière constructive
  • La résilience comportementale en vous assurant que vos actions sont aussi efficaces que possible.

 

“Autant l’optimisme béat, c’est-à-dire inactif, est une sottise, autant l’optimisme, compagnon de l’effort, est légitime.” Léon Daudet 

La résilience cognitive

 

Votre manière de penser affecte à la fois votre humeur et votre comportement.

Quelles sont vos convictions ?

Croyez de manière ferme et positive en vous-même et dans le monde qui vous entoure et repousser les idées négatives pour entrevoir la lumière

Quels sont vos modes de pensée ?

Au lieu de dire : « « je ne veux pas » ou  « je ne veux plus » dites plutôt « je veux ». Par exemple ne dites plus « je ne veux plus de boutons » mais plutôt « je veux une belle peau ».

Soyez optimiste

Efforcez-vous de consolider votre optimisme en cherchant le positif dans tout ce que vous faites.

Solution des problèmes

Ne soyez qu’à 8% sur le problème et le reste du temps sur les solutions. Pensez solutions !

Connaissance de vos forces

Reconnaissez la force qui vous permet d’obtenir le bon résultat.

 

“Il serait temps que l'homme reconnaisse que la relation avec l'autre est bien plus essentielle qu'un monde fermé, reposant sur la seule conscience de soi.”  Lee Ufan 

La résilience émotionnelle

 

Ne soyez plus à la merci de vos émotions. Pour cela ne les étouffez plus mais écoutez ce qu’elles ont à vous dire. Soyez attentif à ce que vous ressentez tout en cherchant le meilleur moyen de canaliser vos émotions.

Pour cela concentrez-vous sur les aspects suivant de votre conscience émotionnelle :

  • La conscience de soi : soyez honnête avec vous-même et essayez de comprendre votre façon de penser, de réagir, de ressentir les choses. Pour être en pleine conscience de soi il vous faut être dans l’instant présent, et pour cela, concentrez-vous sur vos cinq sens. Que voyez-vous, que sentez-vous, que touchez vous, quelle saveur avez-vous en bouche, qu’entendez-vous.
  • Le savoir émotionnel : Ensuite concentrez-vous sur les sentiments, les pensées qui vous imprègnent : jalousie, contrariété… et déduisez-en l’émotion ou les émotions. La jalousie est un mélange de peur (peur de perdre l’autre, peur de se retrouver seul…), de tristesse (je ne suis pas assez bien pour le/la retenir) et de colère (pourquoi moi !?)
  • Les qualités relationnelles : cherchez les manières de traiter les autres avec sensibilité et considération afin de trouver une épaule compatissante en cas de besoin.

 

“On ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir. Chacun a besoin de l’autre pour se révéler.” Proverbe africain 

La résilience comportementale

 

Nous savons ce qui est bon pour nous mais nous ne le faisons pas.

  • Il faut se soigner et éviter de manger n’importe quoi, de boire trop de café ou d’alcool, reposez-vous, faites aussi de l’exercice, prenez soin de votre peau. Vous êtes la personne avec laquelle vous allez vivre le plus longtemps, pour se sentir bien dans votre tête commencez par vouloir vous sentir bien dans votre corps.
  • Construisez des réseaux de soutien, même si vous pensez n’avoir besoin de personne, vous verrez qu’un jour vous aurez besoin de l’autre.
  • Faites preuve de confiance, confiance en vous et confiance aux autres. Là encore, l’art-thérapie peu vous aider à surmonter ces difficultés.
  • Laissez un héritage derrière vous et montrez que vous pouvez rebondir.

 

“Si vous avez confiance en vous-mêmes, vous inspirerez confiance aux autres.” Johann Wolfgang von Goethe

 

En ce qui concerne la résilience cognitive, changez votre manière de penser, soyez plus fort, croyez en vous, soyez ouvert à des points de vue différents, écoutez attentivement, mettez en œuvre vos capacités pour résoudre des problèmes, vérifiez vos valeurs et vos convictions, trouvez un sens à la vie, interprétez les événements de manière constructive, soyez optimiste !

Pour la résilience émotionnelle il vous faudra diriger vos sentiments dans un sens plus constructif, restez calme, vivez dans l’instant présent, gardez de l’estime de vous (en art-thérapie, on travaille également sur ce problème), faites preuve d’empathie, comprenez les besoins d’autrui.

La résilience comportementale est la plus difficile, c’est celle qui vous dicte de vous mettre en action. Prenez soin de votre santé, faites-vous confiance et faites confiance aux autres, chercher de l’aide si vous en avez besoin, nouez des relations d’amitié durables, ayez une attitude créative au lieu d’accepter les choses telles qu’elles sont, ayez des objectifs clairs et précis, mesurez la conséquence de vos actes.

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